Friday, 2 December 2011

S'oublier pour la paix des autres

J'ai lu ce drôle d'article concernant les décorations de Noël et les bureaux du gouvernement du Canada. Ces derniers ont l'interdiction de décorer tout endroit accessible aux clients dans leurs bureaux. Seuls les parties réservées aux employés peuvent être décorées. Il paraît que ça pourrait heurter les gens dans leur religion.

Come on. On est chez nous et on ne peut même pas se faire plaisir en accrochant une couronne de Noël qui ne dérange, en soi, personne? Oui, c'est vrai, c'est une tradition chrétienne. C'est vrai, il y a des juifs et des musulmans et des gens d'autres religions dont je ne connais pas le nom au Canada. Sauf qu'on est chez nous. Chez nous, on fête Noël et pour ça, on accroche des guirlandes et des couronnes de Noël un peu partout. « À Rome, il faut vivre comme les romains », ça vous dit quelque chose?

« Et les accomodements raisonnables, t'en fais quoi? »
Dans le cadre du travail, je suis parfaitement d'accord avec les accomodements raisonnables. Je trouve ridicule qu'on discrimine quelqu'un pour sa religion ou son pays d'origine ou peu importe ce qui peut être une raison pour discriminer les gens. C'est vrai qu'il y a parfois des abus, mais dans l'ensemble, je suis d'accord avec ça.

Sauf que... Je n'y crois plus lorsqu'on me dit que les couronnes, sapins, banderoles (etc.) de Noël discrimine qui que ce soit. Travail, fête traditionnelle...? Pour ma part, je ne vois pas ce que les accomodements raisonnables pourraient avoir à voir avec la fête du petit Jésus. On ne  leur demande pas de décorer un sapin chez eux ou d'aller à la Messe de minuit ni même de faire un réveillon. On ne leur demande pas non plus de ne pas fêter leur fête à eux, peu importe ce que c'est, parce qu'on est au Canada et qu'au Canada on fête Noël le 25 décembre. Oui on fête, mais on ne force pas les autres à fêter avec nous s'ils n'y croient pas, tout de même.

Noël, c'est une fête où on donne des cadeaux (et, par la même occasion, incite à dépenser plus qu'il ne le faut pour les-dits cadeaux, mais ça, on ne le dit pas). Ah, et c'est aussi l'occasion de passer du temps en famille, de manger de la bonne bouffe maison et de s'amuser tout court. En quoi est-ce que ça peut déranger un non-chrétien qu'on décore les endroits publics pour Noël? Dites-le moi, j'aimerais vraiment savoir.

Et puis, pour moi, ce n'est pas parce qu'il y a je-ne-sais-combien d'immigrants au Canada qu'on devrait laisser nos traditions de côté. Je reprends un argument très (ou peut-être trop) utilisé: « pis dans leur pays aux immigrés, est-ce qu'ils s'empêcheraient de fêter leurs fêtes religieuses parce que y'a du monde pas de leur religion dans la place? Non? Ben c'est ça. » Voilà. Au Canada, y'a Noël et on le fête. Si tu le fêtes pas, on s'en fout, on ne te forcera pas à aller à la messe ni à manger de la bûche. Gardons nos traditions, that's it.


Alors, vraiment, Canada, assume tes traditions et décore tes bureaux. De la décoration, ça s'apprécie peu importe les convictions religieuses.



 Chronique

Thursday, 1 December 2011

La vie, ce n'est pas comme dans les films

Vous le savez comme moi, dans un film d'ado, les éléments clés pour LE bon film sont les suivants: une école secondaire (ou lycée); la clique des sportifs menée par le capitaine de l'équipe qui est aussi le gars le plus beau et populaire de l'école; celle des meneuses de claques un peu idiotes menées, elles, par une blonde un peu moins idiote et assez mesquine qui sort évidemment avec le plus beau gars de l'école; une nouvelle élève qui sort de l'ordinaire et ses amis les freaks rejetés par tout le monde. Il ne faut surtout pas oublier que la nouvelle tombe en amour avec le gars populaire, que la blonde mesquine va intimider de tout son pouvoir féminin la nouvelle pour garder son chéri et que, au final, la nouvelle et le gars populaire vont finir ensemble pour une fin heureuse style Hollywood.

On reconnaît pas mal de films avec cette petite description, n'est-ce pas? Une histoire de Cendrillon, Mean Girls, À vos marques, party! n'en sont que quelques exemples sortis rapidement sans réfléchir. C'est une mode au cinéma pour ado et ça plaît toujours. On aime voir le personage principal triompher des « méchants » de l'école secondaire pour arriver à ce qu'il veut. En tant que fille, on aime aussi que la petite nouvelle sans histoire finisse en couple avec LE plus beau gars.

Vous êtes vous jamais demandés si, par hasard, ce genre d'histoire arrivait vraiment dans la réalité? « Ben non, ça arrive pas. C'est rien qu'un film. » Donc les adolescents sans histoire, un peu différents des autres, ils restent des adolescents sans histoire, un peu différents des autres? « Y'en a que oui, y'en a que non, ça dépend... » Ah, alors ce ne sont pas tous les adolescents maltraités à l'école qui ont une fin heureuse? « Ben là... »

Moi, mon secondaire a été des plus agréable. J'avais mes amies, on s'amusait beaucoup, on a eu un superbe secondaire. Nous étions la « gang » bizarre, mais au fond, les gens s'en foutaient un peu et on s'en foutait aussi. Il y a eu des hauts et des bas, mais pour moi, le secondaire a été génial.

Pourtant, ce n'est pas tout le monde qui a cette chance-là. Il y en qui se font intimider tout au long de leur secondaire. Certains réussissent à passer au travers et à aller loin, mais d'autres n'y arrivent tout simplement pas. Ces autres, à 14, 15, 16, 17 ans, ne voient pas le bout du problème, ne sont pas aidés dans toute la mesure du possible et ne voient plus qu'une façon de mettre fin à tout ça, c'est de terminer leur courte vie.

Est-ce que c'est normal, à l'adolescence, d'en arriver là? Est-ce que c'est normal de souffrir à ce point-là?

Est-ce que c'est normal d'en parler seulement après qu'un malheur ne soit arrivé?

Combien d'adolescents se font intimider à l'école sans que personne n'en parle? Pourquoi est-ce que ça prend un suicide d'une belle adolescente de 15 ans pour que la province voit le problème?

Dans mon école secondaire, on avait une belle pancarte « Tolérance ZÉRO ». Si je ne me trompes pas, c'est dans toutes les écoles. Si une histoire comme celle de Marjorie Raymond peut arriver, alors je crois qu'on n'a pas la même notion de ZÉRO. On pourrait aussi dire « AUCUNE tolérance ». Ah, mais peut-être que c'est TOLÉRANCE qui n'a pas été compris. Tolérer quelque chose, c'est ne pas user, souvent avec condescendance, du pouvoir, de l'autorité que l'on détient pour interdir quelque chose, pour empêcher de faire quelque chose. Donc Tolérance ZÉRO, ça veut dire: on ne tolère pas l'intimidation. Ça devrait aussi vouloir dire: si quelqu'un dit qu'il est victime d'intimidation à l'école, les responsables devraient intervenir. Pas seulement distribuer des bouts de papiers sur lesquels on peut lire « venez nous voir si quelqu'un vous intimide ». Un bout de papier, ça ne vaut rien.

C'est sûr que si vous interrogez les intimidateurs, ils vous diront: « mais non voyons donc, c'est pas vrai ». Un ado, c'est presque par définition quelqu'un qui défie l'autorité. Ne vous attendez pas à ce qu'ils se mettent à genoux et qu'ils demandent pardon en pleurant. On n'est pas dans un film. Les méchants ne diront pas « pardon mon'oncle » parce que les gentils ont l'air menaçant.

Ce qu'il faut, aux victimes d'intimidation, c'est plein d'amis ou, du moins, des alliés. Des gens qui vont dénoncer les méchants intimidateurs. Après, ce qu'il faut, ce sont de vraies sanctions. Être suspendu de l'école, pour un ado, c'est cool. Il n'a pas à aller à l'école: la belle vie! Ensuite, ce qu'il faut encore, ce sont des parents qui sont capables de voir que leur enfant chéri mène la vie dure à quelqu'un d'autre et qu'il faut donc punir enfant chéri de manière à ce qu'il n'ait plus envie de recommencer.

Le problème, c'est que souvent, les victimes d'intimidations n'ont pas tout ça. On ne les entend pas, on ne le voit pas et on n'y croit pas.

Je l'ai dit, mon secondaire à moi a été superbe. Une de mes amies n'a pas eu cette chance, pourtant. Elle avait (et a toujours d'ailleurs) cette petite différence qui dérange trop les autres: une petite amie. Ou une blonde, c'est comme vous voulez. Ses camarades de classe, de ce que j'en ai su, la pointaient du doigt, lui disaient des méchancetés. Elle avait même peur de nous dire à nous, ses amies, qu'elle sortait avec une autre fille. Elle nous a présenté la chose comme si c'était monstrueux et qu'on allait certainement lui tourner le dos dès qu'on saurait. Elle en avait presque honte de dire qu'elle était (et est toujours, ça ne change pas) lesbienne. C'est seulement après que nous lui avons dit que nous étions sincèrement heureuses pour elle et que nous n'avions absolument rien contre cela qu'elle nous a révélé son épisode d'harcèlement.

C'est vrai qu'elle paraissait triste, mais je n'aurais jamais pensé que cette amie tout simplement adorable puisse être jugée et harcelée pour quelque chose qui la rend profondément heureuse. Ce que je veux amener comme point, ici, c'est qu'on a tendance à banaliser une déprime qui reste (« il y a beaucoup d'examens ces temps-ci, ça devrait aller mieux dans quelques temps ») ou à avaler les petits mensonges de nos amis (« t'es sûre que ça va? » « oui oui, t'en fais pas, j'ai juste mal à la tête »). On se ferme presque volontairement les yeux parce que ça demande de l'énergie, aider des amis à aller mieux. Et ça, c'est franchement regrettable.

Je ne connaissais pas Marjorie Raymond, mais comme beaucoup de Québécois, son histoire m'a ébranlée. Elle a touché une corde sensible: je l'ai eu facile, la vie, au secondaire, sauf que ce n'est pas aussi rose partout et pour tout le monde. C'est une réalité dure à assumer. Je salue le courage de la mère de cette adolescente pour avoir partagé cet évènement qui, je l'espère, changera les choses.


À la mémoire de Marjorie, revoyez vos méthodes d'interventions, je vous en prie.


À voir:




« Charest dit: "Il faut se poser des questions." NON! Il faut agir!!!! »



 Chronique

Tuesday, 8 November 2011

Moi et mon amour du Japon

Le bento (ou l'obento), c'est une boîte-repas japonaise. Le bento, c'est une façon de penser son repas du midi pour l'école ou pour le travail. Le bento, c'est tout mimi. Le bento, c'est amusant. 
 
Plus précisément, le bento, c'est un art japonais, une façon de créer un repas complet, équilibré (si on y met du sien, parce que ça pourrait ne pas être équilibré, suivre un peu moins les règles d'art du bento et on pourrait dire que c'est un bento quand même, selon moi), qui ne tient que dans une boîte pour emporter! Une boîte à deux ou trois étages, c'est vrai, mais une boîte tout de même



J'ai découvert ces petites merveilles par le biais d'animes, les dessins animés japonais. Je trouvais mignon les lunchs que préparaient les personages pour eux-mêmes ou pour quelqu'un d'autre. J'ai fini par trouver le nom qu'ils donnaient à ces boîtes-repas et j'ai cherché sur l'internet. Ce que j'ai trouvé m'a fait pousser un « Mon dieu c'que c'est mignon!!! » J'ai donc décidé de me lancer sur cette voie, parce que ça semblait amusant à faire.
 
Moi qui détestais préparer mes lunchs pour l'école et qui décidais donc de ne rien emporter, je suis vite tombée en amour avec le bento. On peut le faire soit simple et rapide (ma méthode préférée) où on prend des restes de la veille ou de l'avant-veille et ça fait le bento du jour ou alors on peut se la jouer rafiné et préparer le repas du midi le matin même. Ça prend un peu plus de temps, c'est vrai, surtout si on prend le temps de faire des dessins et formes élaborés (voir photos), mais ça reste amusant. 


Le bento est peut-être japonais par sa forme et ses principes, mais il est facilement adaptable à toutes les sauces. On y met ce qu'on veut, que le repas soit japonais ou pas n'a aucune importance au fond. Le but reste le même: y placer un repas complet, équilibré (il y a même des livres qui proposent des assortiments santé, des idées repas et de décoration!) et délicieux. 
 
Et puis c'est marrant, quand tu emportes ta boîte bento à l'école (ou au travail) avec un repas inspiré japonais et que tu manges le tout avec les baguettes qui viennent avec la boîte, les gens te regardent comme si tu venais d'une autre planète. D'autres te disent « woah, c'est ben spécial comme boîte, ça! » et moi, ça me met de bonne humeur.


Voyez, un autre avantage du bento: je ne mange pas de légumes. Je n'aime pas les légumes. En fait, si, de plus en plus, mais c'est justement grâce au bento. Je trouvais mes repas assez tristes et monotones avec juste poulet-riz-fromage-pomme. Alors je me suis convaincue d'acheter des légumes et de les mettre dans le bento et le tour est joué! Maintenant, j'intègre toujours (ou presque) les légumes à mes repas, ce qui est un gros plus. 



Voici un petit aperçu des bentos:


Ici, ce qu'on appelle un kyaraben (contraction de character et bento, à la japonaise):


Ou alors un bento un peu plus sobre:


Et l'un des miens (très très sobre, disons-le. c'est aussi un de mes premiers):











 Chronique

Sunday, 6 November 2011

Que faire...?



Dernièrement, avec des amies, nous nous sommes rendues compte de quelque chose de très marquant concernant notre génération. Cette réalisation nous est venue en regardant la télé, une fin de semaine, ou, plus précisément, en voyant cette publicité où à un moment on voit un jeune au secondaire et l'instant d'après, sa version plus âgée en pleine carrière. Nous nous sommes dites: « C'est l'fun, ces gens-là savent tous ce qu'ils veulent faire plus tard. »

Et nous? Qu'est-ce qu'on va faire? Qu'est-ce qu'on veut faire?

Nous nous sommes alors interrogées: nos amis, savent-ils ce qu'ils veulent exercer, comme métier, après leurs études? Ont-ils un but précis dans leur vie? Non, je ne sais pas... Ah, il me semble qu'un-tel voulait être dentiste, mais je ne sais plus... Oh et une-telle parlait souvent de ceci, mais bon, c'était il y a longtemps... 

Et dire que nous sommes au cégep et qu'on n'a aucune fichue idée du métier que l'on voudrait faire après tout ça. C'est franchement déprimant. Tant qu'à faire, on pourrait tout aussi bien lâcher tout ça et aller travailler au McDo, ça nous rafraîchirait peut-être les idées. Et puis moi, je commence à croire que le cégep, c’est fait pour nous vider les poches et nous faire lâcher l’école. Comme ça, nous, jeunesse « du pays », aurons une scolarité réduite, ce qui nous permettra de s’en laisser conter et de se faire arnaquer par notre propre premier ministre sans que l’on ne s’en rende compte. Mais bon, n’en parlons pas.

C’est vrai qu’en fait, en y repensant de façon plus objective, la plupart de mes amis se sont lancés dans des techniques qui les passionnent ou des programmes pré-universitaires qui mènent à ce qu’ils veulent vraiment faire et je suis heureuse pour eux. Tant mieux. Sauf que ceux que j'ai rencontrés au cégep ont soit déjà lâché l'école au moins une fois, soit on l'idée de le faire ou alors ont annulé / raté tellement de cours que leurs sessions s'en trouvent très allongées... et ça les écoeure.


Dans c'temps-là, qu'est-ce qu'on fait? On va à l'école à reculons en essayant de se motiver en disant « avec ça, fille, tu vas te rendre plus loin dans la vie. Ça fait que let's go, vas-y! » d'un ton pas très convaincu? Disons que c'est pas trop tentant de se lever pour un cours de 8h quand t'as ce genre de discours mental. Surtout quand en fait, tu ne sais pas ce que tu veux faire comme carrière. Dans ce temps-là, l'école est dans la catégorie des pertes de temps et de choses inutiles.


C'est décevant quand même comme situation. Les gens autour réussissent et sont motivés, toi, tu n'y arrives pas et il faut presque qu'on te fasse entrer de force dans la salle de classe. Et ce, même si au tout début, tu faisais partie de ceux qui l'ont facile et qui ont de la motivation à revendre. Surtout quand tu aimes l'école et que tu veux apprendre. Surtout quand tu veux aller plus loin.


La morale de cette histoire, les enfants, est la suivante: avant de faire un choix important, peser toutes les possibilités, les pours et les contres, le positif et le négatif, pour éviter de regretter par la suite ou, du moins, pour être bien avec la décision que vous prenez. Pour ma part, je révise mes choix et je change au plus tôt parce que c'est clair que je ne suis pas à ma place.



 Chronique

Monday, 24 October 2011

Négativisme en séries

Au petit restaurant où je travaille, il passe des gens de toutes les sortes. Des travailleurs d'un chantier de construction un village plus loin, des routiers plus ou moins pressés parlant plus ou moins français, des touristes faisant une pause repas dans leur voyage Montréal-Québec, des habitués à qui on ne demande même plus ce qu'ils vont commander et enfin, et c'est ce qui m'intéresse ce soir, des fans inconditionnels de hockey qui viennent voir le match chez nous plutôt qu'à la Cage aux sports parce que la petite serveuse est bien sympathique. Le hockey du samedi soir, chez nous, c'est impossible de le rater.

On lance des prévisions sur les joueurs blessés, on s'indigne de la dernière faute impunie, on échange sur l'actualité du sport, on complimente l'équipe de Montréal, on commente la game, tout ça dans une atmosphère assez détendue, sur le ton de la confidence ou de la blague. N'étant pas aussi fan qu'eux, j'écoute les discussions, ris aux blagues, pose parfois des questions sur le jeu. J'aime bien ces soirées hockey, elles trompent l'ennui du samedi soir. Et c'est comme ça jusqu'au moment fatal où l'équipe adverse réussit à compter un but contre le Canadien de Montréal.

Alors là, et ça me renverse à chaque fois, ce n'est plus pareil. Le Canadien? Pff! C'est la pire équipe! Ils n'ont pas gagné un match à date! « Des maudits pourris! »

J'ai de la difficulté à saisir leur raisonnement. J'ai demandé à l'un de ces fans les résultats des matchs précédents. Il a tourné les pages de son journal et nous avons examiné le tableau ensemble. Une victoire, une défaite pour le Canadien. Et il disait qu'ils étaient mauvais et qu'ils ne feraient pas les séries cette année? Attendez Monsieur, je ne comprends vraiment pas.

C'est pareil partout (ou presque): on accumule les réussites, mais dès qu'un échec se glisse dans le portrait, alors l'ensemble est entièrement ruiné, il n'y a plus rien à faire, c'est de la bullshit pure et simple. On se lance dans le négatif à fond la caisse sans même prendre en compte les victoires. On oublie de penser positif et de se dire: « Bon, j'ai merdé sur ce coup-là, mais dans l'ensemble, j'y arrive très bien malgré tout, bravo moi-même! »

Mais vraiment? À une victoire, une défaite, on peut déjà assumer que le Canadien ne fera pas les séries? Le pensez-vous vraiment, Monsieur? L'idée que je me fais pourtant d'un supporter, c'est de supporter justement son équipe, l'encourager et la défendre contre les mauvaises langues, les féliciter dans la victoire comme dans la défaite.

Laissez-leur au moins une chance! La saison vient à peine de commencer! Qui sait, peut-être que c'est notre équipe qui va gagner la coupe Stanley, cette année!

D'ailleurs, mon père fait partie de ces inconditionnellement négatifs. La fin de semaine passée (ou peut-être l'autre d'avant, corrigez-moi si je me trompe), nous avons regardé la fin d'un match ensemble (j'avais pu suivre une partie au restaurant) et le score était serré: 2-2, zappe, revient, 3-3, mon père est de bonne humeur malgré qu'il ait manqué les deux derniers buts. Zappe encore, revient toujours, 4-4.

« Bon, ça va encore aller en prolongation pis y (les Canadiens) vont encore perdre » affirme mon père d'un ton impatient avant de zapper à nouveau le temps de la pause. À la reprise, on reste au poste, assis sur le bout du divan, très absorbés par les échanges et... Le Canadien perd. Déception. Grogne découragée de mon père: « J'te l'avais dit qu'y perdraient! Sont pas capables de gagner un foutu match, ça finit toujours en prolongation ou en tirs de barrage pis y perdent à chaque fois! »

« Mais papa... tu trouves pas qu'ils ont bien jouer? Ils sont quand même pas si mauvais que ça, quand même, non?
 - En tout cas, y'ont perdu pareil. »

En tout cas, tu n'arrives pas à nuancer ton point de vue, non plus. Vraiment, s'ils étaient si mauvais, les joueurs du Canadien, pensez-vous qu'ils (peu importe qui s'occupe de ça) les garderaient dans l'équipe? On est d'accord là-dessus, au moins.

Alors, est-ce qu'ils ont une chance, maintenant, les Canadiens, d'entrer dans les séries?



 Chronique

Prologue

Ce blogue est un travail scolaire. Voyeurs pervers, commentateurs mesquins et autres chercheurs d'embrouilles: passez votre chemin.